(1/2) Automobile : L’Afrique au chevet du marché mondial

automobile afrique au chevet du marche mondialL’Afrique n’est pas encore un eldorado, loin de là, mais son marché local est très prometteur comparé aux marchés européen, japonais ou encore américain qui arrivent à saturation. Selon le distributeur automobile CFAO, le secteur automobile en Afrique subsaharienne va connaître une croissance de 6% par an. De quoi attiser les convoitises de grands constructeurs, comme Toyota qui a annoncé son intention d’agrandir son usine d’assemblage de bus au Kenya active depuis 2013. Avec environ 1,7 million de véhicules neufs vendus en Afrique par an (3 millions d’ici à 2020), les marques japonaises, françaises, allemandes et chinoises projettent presque toutes d’implanter des usines sur le continent. Personne ne veut rater le décollage du marché automobile africain.

Cet intérêt grandissant des constructeurs internationaux résulte du dynamisme économique qu’affiche le continent. La croissance à long terme, tirée par les évolutions sociales et démographiques internes, permet l’émergence d’une classe moyenne, moteur essentiel d’un décollage du secteur automobile. L’Afrique séduit pour son immense potentiel de consommation.


Surproduction de voitures en Europe

Depuis quelques années, le déclin des ventes de véhicules en Europe laisse entrevoir une tendance à la saturation de son marché automobile. Même si on observe une montée des immatriculations européennes (10,6% en mars par rapport à mars 2014, selon les données de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles : ACEA), le marché cherche sa croissance en dehors du vieux continent pour se prémunir d’une nouvelle dépression. Fin 2013, le stock de voitures produites en Europe et non vendues atteignait 5 millions d’unités, frôlant le record atteint au plus fort de la crise en 2008 (5,5 millions). Cette baisse des ventes est due à de nombreux facteurs.

  • L’adoption d’un mode de vie plus collectif avec une offre de transport en commun performant, le développement du covoiturage ou encore de l’autopartage, peut apporter un début d’explication.
  • Les conséquences d’une austérité salariale entrainent une baisse du pouvoir d’achat et l’acquisition de voitures neuves concerne une fraction plus réduite et plus aisée de la population.
  • Si l’usage de l’automobile reste nécessaire pour la majorité des habitants en zone périurbaine et rurale, il est de plus en plus déconnecté de l’achat de véhicules neufs. Le marché de l’occasion y est le plus plébiscité.

Dans un secteur en baisse, les constructeurs se tournent vers les ventes dites « tactiques » autrement dit, des ventes aux entreprises et compagnies de location, ce qui leur permet d’afficher de bons chiffres. Ils envisagent également d’investir les pays émergents en particulier en Afrique subsaharienne. C’est ainsi que le groupe PSA Peugeot-Citroën a créé, à l’arrivée de Carlos Tavares à sa tête, un département Moyen-Orient-Afrique, dont les pays étaient pour la plupart regroupés dans « Reste du Monde ».

Selon le patron de ce département, Jean-Christophe Quémard, « l’Afrique est l’un des plus beaux potentiels de croissance avec l’Asie du Sud-Est. Nous n’avons peut-être pas prêté toute l’attention nécessaire à ces marchés ».

Depuis le début de l’année, le continent a devancé l’Amérique Latine en terme de croissance du chiffre d’affaires de la marque. « Nous avons identifié l’Afrique comme étant une région où le potentiel de croissance du groupe est très élevé », a déclaré Carlos Tavares lors de l’Assemblée Générale du groupe début mai.

Au niveau mondial, l’automobile neuf maintient une croissance autour de 4% par an en 2014 et 2015, d’après une étude Euler Hermes. Toutefois, les USA et l’Europe, qui affichent respectivement un taux d’équipement de 80% et 55%, restent des marchés de renouvellement, ce qui signifie un faible potentiel de croissance. Avec des taux d’équipement inférieurs voire faibles, l’Afrique offre des perspectives de croissance à long terme.


La suite :

Automobile : L’Afrique au chevet du marché mondial (2/2)

Pour aller plus loin :

Ces voitures 100% africaines à l’assaut du marché local

#TheAfronomist


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1Je suis une journaliste optimiste mais réaliste, une fille normale qui rêve d'une vie normale dans un monde pas si normal!! Ma vision de l'Afrique tranche avec le regard excessivement sombre que montrent les médias internationaux et je veux le faire savoir. Sénégalaise d’origine, strasbourgeoise et parisienne de cœur, globe-trotter dans l'âme, j’ai la phobie des esprits étriqués et des espaces limités. Je suis une afronomiste.

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