« Afrique-continent noir » ⇔ « Afrique-trous noirs » ?

continent-noir(Article publié dans le magazine panafricain « MATALANA Le Temps de l’Afrique », numéro de Mai 2016). Par Noël M. NDOBA

EN ATTENDANT 2028, DEUX INITIATIVES POUR 2017 ET 2018,
VU LE DEMI-ECHEC DE 2016

Le constat s’impose : la question de savoir si l’Afrique « fait » l’Histoire ou non revient toujours d’une période critique à l’autre, par rapport à l’évolution de ce continent. Cela dépasse la question d’« être ou ne pas être  dans l’Histoire ». Laissons au passé le débat sur le fameux « discours de Dakar » de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française, et de son « nègre » Henri Guaino, en 2012. Cet épisode que l’écrivain Alain Mabanckou a d’ailleurs rappelé dans sa leçon inaugurale sur « les lettres noires » au Collège de France, le 17 mars 2016. Pour l’avenir, on devrait continuer de croire que certaines élites européennes avaient attribué à l’Afrique l’appellation métaphorique de « continent noir » depuis les siècles passés non pas pour dire leur pessimisme mais par une évidente association d’idées, le continent étant invoqué, évoqué, convoqué en raison de la couleur de la peau de l’écrasante majorité de ses habitants. Oublions ces élites européennes d’un autre temps, qui avaient ainsi désigné ce seul continent, sans une quelconque logique de parallélisme impliquant un hypothétique « continent blanc » ou un improbable « continent jaune » voire un imaginable « continent rouge ».

Aujourd’hui, l’Afrique est « le continent noir » parce que, de tous les cinq continents de la planète Terre (Afrique, Amérique, Asie, Europe, Océanie), il est celui qui compte le plus de « trous noirs »

Par ailleurs, écartons l’idée possible selon laquelle l’Afrique serait le continent du « travail au noir » – ce qui n’est pas synonyme de « travail informel » -,même si la corruption, le pillage des ressources publiques par les gouvernants et leurs parentèles et clientèles relèvent de la criminalité économique et constituent donc des faits de l’activité économique «au noir ».                                                                                                                 Acceptons plutôt la vérité suivante : aujourd’hui, l’Afrique est « le continent noir » parce que, de tous les cinq continents de la planète Terre (Afrique, Amérique, Asie, Europe, Océanie), il est celui qui compte le plus de « trous noirs ». C’est-à-dire qu’il y a, en Afrique plus que partout ailleurs, ceci qui effraie : « les connus inconnus » et les « inconnus inconnus » – pour reprendre le langage de Donald Rumsfeld, le ministre américain de la Défense, au sujet de la présence d’armes de destruction massive en Irak en 2002. Ce qui signifie que, dans le monde d’aujourd’hui, l’Afrique, « berceau de l’Humanité » -comme chacun sait – est le continent où l’on observe le plus l’existence des vrais problèmes demeurés non résolus quand bien même de vraies solutions existent ou n’existent pas en théorie, pour ces problèmes que l’on doit distinguer des faux problèmes.

Insécurité et présidence à vie, deux « trous noirs » caractéristiques

Deux exemples patents de « trous noirs » : le premier est le problème de sécurité intérieure et continentale que pose le phénomène sociétal Boko Harem, cette branche de Daech en Afrique de l’Ouest. Le second est le phénomène sociétal de la consécration de la logique du projet de « Président à vie » avec chaque élection présidentielle qui a eu officiellement lieu, en mars-avril 2016 dans trois des quatre pays pétroliers d’Afrique centrale que compte la Zone Franc.

Prenons le deuxième exemple de phénomène sociétal qui est révélateur de « trou noir » : Au Congo (Sassou Nguesso, chef d’État de facto après 32 ans cumulés au pouvoir), en Guinée Équatoriale (Obiang Nguema, au pouvoir depuis 37 ans ), au Tchad ( Idriss Déby, au pouvoir depuis 26 ans). A quelques semaines de la fin du premier semestre de cette « très électorale année 2016 », et au sujet de la règle de la limitation du nombre de mandats, que dire de la situation dans les trois pays de la Zone Franc-Afrique centrale, d’une part, et d’autre part au Niger, du côté de la Zone Franc-Afrique de l’Ouest où les Béninois ont assuré l’exception qui confirme la règle ? Aujourd’hui il se trouve que le monde entier est en présence d’une équivalence logique surprenante et décevante pour les citoyens qui se battent pour la démocratisation des institutions et pour leur bien-être économique. C’est la relation « Afrique- continent noir » – « Afrique- trous noirs ».

Dès lors, quelles conséquences peut-on tirer du constat selon lequel le « projet de Président à vie  et de succession dynastique » est en marche dans les trois pays qui étaient encore en 2015 parmi les cinq les plus riches – ou les moins appauvris- des quatorze de la Zone Franc ?

2028, conséquence de l’« Afrique-continent noir / Afrique-trous noirs » ?

Dans les pays du « projet de Président à vie  et de succession dynastique », il serait incroyablement démagogique d’expliquer la misère économique de la majorité des populations par la misère de la réflexion avancée vers 1928 dans un texte intitulé Perspectives économiques pour nos petits-enfants , et dont l’auteur restera l’économiste considéré généralement comme le plus grand du 20ème siècle, en l’occurrence John Maynard Keynes. Il est vrai que ce dernier avait envisagé qu’avec le « plein emploi » en 2028, l’homme moderne n’aurait besoin de travailler que trois heures par jour ouvrable dans le salariat, pour gagner un revenu suffisant afin de satisfaire aussi bien ses besoins essentiels que ses désirs d’épanouissement dans les loisirs, notamment dans les arts.

Il est certain que l’ « erreur de Keynes » – comme le dit Joseph Stiglitz (Prix Nobel) – provenait aussi de ce que celui-ci appelle un « tropisme anglo-saxon », le jeune Keynes ayant alors considéré la réalité du capitalisme à partir de sa dynamique en Grande Bretagne exclusivement. On peut voir que le rêve de Keynes ne sera pas une réalité dans les pays les plus riches du monde, ceux de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économiques (OCDE), comme l’explique cette institution internationale dans son Employment Outlook de 2015 qui vient de paraître. On peut lire utilement les prévisions de l’OCDE et recourir à un article de presse qui les met en perspective par rapport au « rêve » de Keynes(1928), à travers les colonnes du magazine francophone Books, dans ses numéros de mars et de mai 2016.

Dans les pays les plus riches du monde, ceux de l’OCDE, on le sait, l’époque est celle du « travailler plus » …dans le salariat, pour gagner quoi ? Souvent cette dernière question revient. Mais dans les pays les plus riches de la Zone Franc, la question est simplement la suivante  pour les 70 % de la population que sont, en moyenne, les jeunes que compte chacun de ces pays. La question est donc celle-ci, et elle est pour le moins double, dans la tête de chacun des jeunes qui ont entre 15 et 30 ans, par exemple, s’ils n’appartiennent pas à la nomenklatura locale  -: « avant 2028, trouverai-je un emploi décent ; et si oui, pour quelle durée ? ».

Au moins dans le but de réaliser leur espoir de trouver un emploi, c’est-à-dire pour leur dignité, les jeunes africains se battront, dans la société civile et la société politique pour que les « institutions fortes » soient une réalité avec l’accomplissement de la démocratie politique. Par l’insurrection populaire, si elle s’impose. Par la voie des urnes, si elle est possible. Et à travers l’alternance démocratique et l’application de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance. Il est vrai qu’un pays comme le Congo a ajouté un grand trou noir à toute l’Afrique en ignorant ce dernier texte majeur dans la Constitution imposée en 2015. Mais, les jeunes se résigneront-ils longtemps encore face à la petite histoire d’une dictature dans ce pays ; après les échecs d’octobre 2015, de mars 2016 et plusieurs morts ; avec plusieurs prisonniers politiques (Boukadia, Limbongo, Makaya, Mandzimba,Ngouabi et autres) ; après des bombardements visant des électeurs, des électrices et des enfants dans la région appelée « Pool » ? Comment faire l’Histoire avec des institutions démocratiques selon l’idéal de liberté hérité de Nelson Mandela, partout en Afrique ?

2017 et 2018, pour la fin de l’« Afrique-continent noir Afrique-trous noirs » ?

« L’esprit Mandela » doit être vif en chacun des jeunes Africains, par rapport à la tâche qui est là : tirer les leçons des échecs et des succès du premier semestre 2016 sur le chemin de la liberté dans les pays de la Zone Franc. Par exemple, à la lecture d’un texte comme cette analyse que publie le quotidien français Le Monde le vendredi 6 mai 2016 sous le titre : « L’Afrique et les silences de Paris ». A l’évidence l’Elysée réfléchit à la manière de retrouver l’élan impulsé par le discours prononcé par le Président Hollande en novembre 2014 au Sommet de la Francophonie à Dakar. Les progressistes français et autres de l’Union Européenne ainsi que ceux du Canada et d’ailleurs dans le monde francophone au moins devraient être solidaires des jeunes Africains héritiers et continuateurs de Mandela comme le Président américain Obama.

A la différence des pays anglophones, les pays francophones sont ceux qui multiplient les trous noirs en Afrique en cette année 2016 – année de demi- échec. La cause principale résiderait-elle dans la confrontation aux deux modèles d’institutions politiques, à savoir : D’un côté, le régime présidentiel imitant le modèle français de la Constitution de 1958 (Vème République) dans les républiques membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie ; d’un autre côté, le régime parlementaire des républiques anglophones membres du Commonwealth ?  Cherchons la solution avant tout dans ce que les Béninois appellent la « vigilance de la société civile ». De ce point de vue, et pour avoir plus de moyens de « faire l’Histoire », prenons deux nouvelles initiatives pan-africaines et panafricanistes dans la société civile. Elles concernent les idées, les innovations et les inventions au moyen des institutions (disons : « les 3 i via i»).

La   première initiative – « Pour des institutions citoyennes du panafricanisme en Démocratie »– pourrait commencer en 2017, année du 5ème anniversaire de la mort de Nelson Mandela et année du 60ème anniversaire de l’indépendance du Ghana, le tout premier État souverain et république des « peuples noirs » en Afrique –autrement que le Liberia et avec le passé colonial de la Gold Coast. En considérant l’expérience de l’alternance démocratique et de la transition démocratique ex post au Ghana, cette initiative pourrait revenir à un acteur stratégique comme le Comité International Joseph Ki-Zerbo.

La deuxième initiative- « Pour l’institutionnalisation d’un Forum Panafricain du Numérique et de la Souveraineté », initiative comprenant une « Foire Panafricaine de la Révolution Numérique ». Elle pourrait être portée par le peuple guinéen en 2018, année du 55ème anniversaire de l’Union Africaine et du 60ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le tout premier pays « souverain » parmi les colonies françaises d’ « Afrique noire » ( dite « Afrique subsaharienne », « Afrique au sud du Sahara », « Afrique tropicale », dans le discours post-colonial).

L’auteur de cette chronique est dans le secret de Dieu pour les deux projets… avec « l’esprit Mandela ». Faire l’Histoire, cela commence toujours par ce que nous appelons « les 3 i via i ». Comme on peut le voir dans l’excellent livre de l’historienne anglaise Joyce Appleby – en partant de l’époque de la traite négrière et en suivant la perspective de l’économiste Joseph Schumpeter-: Capitalisme. Une révolution permanente. (en français Ed. Piranha, 2016). « Révolution » : un mot venu de chez les physiciens comme le concept de « trou noir ».

« Tout trou noir aspire tout corps qui s’en rapproche »

« Attention ! » – préciseraient du reste les physiciens, s’exclamant pour nous prévenir : « Tout trou noir aspire tout corps qui s’en rapproche ». Tant d’années après le Colloque panafricain organisé par des intellectuels en l’An 2001 à Kinshasa (RD Congo) sur le thème « Afrique centrale : le trou noir du continent » – ce colloque dont pouvait parler indéfiniment notre regretté aîné et ami Isaac Nguema, juriste francophone gabonais de réputation internationale, ancien recteur, ancien ministre-, il est plus urgent que jamais de prendre donc une certaine distance, un certain recul… Pour mieux avancer, avec les lumières des « 3 i via i ».

 

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2 Commentaires

  1. 3 juin 2016    

    Puisque Magloire Ndoba a convoqué les physiciens avec le concept de Trou Noir, une réponse s’impose sur un tout autre aspect sur lequel s’initialise cet article. Le faux concept de race, ou de couleur de peau.
    Pour les physiciens, dans tous les cas comme je l’ai écrit dans mon texte sur « Hommage à Jacques Loubelo », éditions Paari, Paris 2014 :

    « Conditions aux limites erronées,
    Car fausses hypothèses initiales.
    Blanc comme neige,
    Noir comme charbon,
    Catégories irréelles et fictives,
    Dans le spectre chromatique
    De l’épiderme humain… »
    in Honneur à Jacques Loubelo, éditions Paari, Paris, 2014, p. 12.

    Comme pour dire que si certains problèmes persistent sur la planète, c’est qu’ils sont généralement mal posés. Si vous souhaitez résoudre une équation mathématique pour laquelle le domaine de définition est faussé, votre solution sera également fausse, équivalence logique oblige.

    La lancinante question congolaise demeure d’actualité. Mabanckou la repose pratiquement un siècle après son arrière grand père, André Grenard Matsoua. Pour la France, le Congo doit demeurer une Colonie d’exploitation de matières premières. Le droit qui y règne est assimilé à « un code noir ». Le tyran a droit de vie et de mort sur ses sujets. Il a le droit suprême de dilapider les fonds publics. Et aucune juridiction internationale n’a le droit de le poursuivre. Et ce texte constitutionnel de 2015 calqué du code noir a été validé par la France qui demande Jean marie Michel Mokoko, l’icône de cette irréversible révolution de capituler.
    J’aurais souhaité, mon cher doyen Magloire Ndoba, que tu nous fasses l’équivalence suivante :
    Constitution congolaise du 25 octobre 2015 de Sassou Nguesso = Code Noir de Napoléon
    C’est cela, la question congolaise d’aujourd’hui. Si le FMI de Christine Lagarde, s’apprête à renflouer les caisses congolaises de Denis Sassou Nguesso pour que ses enfants aillent encore grossir leurs comptes bancaires chez les « Panama Papers », c’est que Sassou Nguesso demeure ce gouverneur d’une France qui a fait du Congo un « No Man’s land », en se servant d’un outil juridique international très puissant qui est son droit de veto à l’ONU, et sa direction du DPKO.
    Voici en résumé les vraies questions…
    Mawawa Mâwa-Kiese

    • 14 août 2016    

      Cher ami Mawawa

      J’avais répondu à ton commentaire en juin ou vers début juillet. Mais mon texte était adressé à l’adresse E-mail de l’administratrice du blog. Comme je trouve utile de poursuivre l’échange par écrit sur mon article avec un auteur tel que l’éditeur et enseignant-chercheur en science physique que tu es, cher ami, je vais me faire le devoir de relancer donc le débat.

      D’abord, je précise que mon article est un article de presse. C’est plus précisément un éditorial sous la forme d’une chronique. Ceci est en effet une catégorie particulière d’écrit journalistique que l’universitaire considère plutôt comme un « texte d’intervention ».
      Une autre précision doit être donnée. Ma chronique tente chaque fois d’aborder un problème qui concerne plusieurs pays africains afin d’aboutir à des propositions d’ordre programmatique pour des actions concrètes en termes de stratégies et d’alternatives. C’est de ce point de vue que je peux m’appuyer sur le cas particulier d’un pays.

      Evidemment, cher ami, notre cher pays le Congo vit une tragédie depuis plusieurs années. Et je comprends que tu puisses alors considérer mon article sous le prisme du « cas du Congo ». Du reste lorsque je parle de « demi-échec » je me réfère au processus historique que le Congo a connu depuis le référendum illégal du 25 octobre 2015. Pourtant il serait bon que les Congolais puissent aussi réfléchir sur le fait que « le demi-échec » que j’évoque ou que je diagnostique est celui de tout le continent et de tous les démocrates et les panafricanistes et autres militants panafricains , dans la mesure où d’autres demi-échecs ou échecs ont pu s’observer ailleurs qu’au Congo, notamment en Afrique francophone. Le point de départ étant le suivant: « l »année 2016, super année électorale », sous-entendu, que devient et que deviendra l’idéal de la démocratie représentative en 2016 suivant les canons d’un universalisme dans lequel on peut toutefois distinguer , d’un côté, le système de l’élection du Président de la République au suffrage universel direct ( modèle des anciennes colonies françaises et quelques anciennes colonies des pays latins jusqu’à ce jour), et de l’autre, l’élection du Président de la République selon les règles du système parlementaire ( modèle en vigueur dans les anciennes colonies britanniques).

      Je pense qu’il serait intéressant que nous puissions bien sûr discuter de la dimension dite « raciale » mais que personne ne présente ainsi puisqu’en effet il est faux de poser de cette manière le problème de la transition des sociétés africaines sub-sahariennes à travers l’accomplissement de l’idéal démocratique ( tout au moins dans le sens où Mandela nous l’a légué, c’est-à-dire au minimum en termes de « One man, one vote » ».

      En vérité, il y a plus d’intérêt à échanger sur cette innovation que j’avance avec ce que j’appelle les « 3 i via i ».
      Poursuivons donc le débat.

      Si tu le souhaites, je reviendrai sur la problématique du Congo tout particulièrement, même si , toi et moi, dans le cadre des « Assises Nationales du Congo », nous essayons de tout mettre en oeuvre pour faire avancer à la fois la réflexion et l’action. Nous le faisons depuis juin 2014 au moins aussi en pensant à la « success story » qu’avaient été les « Assises Nationales du Sénégal ».
      Il y a en effet un besoin d’approche transversale des situations que connaissent les divers pays d » »AFRIQUE NOIRE ». Peut-être les intellectuels auront-ils ainsi plus de lumières, qu’ils viennent des sciences sociales ou des sciences exactes ou qu’ils prospèrent dans la littérature….. Surtout quand on sait que lors de la « Première mondialisation » – pour reprendre les termes des historiens qui évoquent ainsi le 15ème siècle, des millions de nos ancêtres furent insérés dans des relations internationales à travers lesquelles ils finirent par n’être qu’une seule et même « chose »: l’esclave de la traite atlantique et de la traite vers le Moyen-Orient.

      La relation d’équivalence logique « Afrique ‘noire’ n’avait-elle pas commencé à cette époque-là précisément? Mais comment de génération en génération, de siècle en siècle, avons-nous agi pour finir avec les « trous noirs »?
      A sa modeste échelle le programme de « vigilance citoyenne » des descendants des royaumes du Bénin, d »Abomey et du Dahomé , est peut-être le point de départ pour un cycle nouveau de « 3i via i » qui pourrait permettre de réaliser les deux projets que je propose à l’échelle panafricaine, y compris évidemment pour les descendants du Royaume de Kongo.

      Bonne lecture, cher ami!Mawawa! Bonne lecture chers amis internautes,, vous qui êtes aussi conviés à ce débat.

      Je vous remercie.

      NMN

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1Je suis une journaliste optimiste mais réaliste, une fille normale qui rêve d'une vie normale dans un monde pas si normal!! Ma vision de l'Afrique tranche avec le regard excessivement sombre que montrent les médias internationaux et je veux le faire savoir. Sénégalaise d’origine, strasbourgeoise et parisienne de cœur, globe-trotter dans l'âme, j’ai la phobie des esprits étriqués et des espaces limités. Je suis une afronomiste.

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